Haro sur les normes et la complexité administrative. Le refrain est aussi ancien que la politique elle-même. Dès 1588, dans ses Essais, Montaigne écrivait déjà : « Nous avons en France plus de lois que le reste du monde ensemble et plus qu’il n’en faudrait à régler tous les mondes d’Epicure. » Deux siècles plus tard, en 1801, le juriste Portalis mettait, lui aussi, en garde contre une loi omniprésente et appelait le législateur à ne pas « perdre de vue que les lois sont faites pour les hommes et non les hommes pour les lois ». Un appel à la sobriété partagé plus récemment, dans les années 1960, par le premier ministre Georges Pompidou (1962-1968) et sa formule devenue célèbre, prononcée devant un parapheur rempli de décrets à signer : « Arrêtez d’emmerder les Français. »
Malgré les nombreuses promesses de simplification formulées depuis, à droite comme à gauche, rien n’y fait. « Tous les présidents, tous les gouvernements ont annoncé et souvent mis en œuvre des programmes de simplification et, pourtant, année après année, la France et la vie des citoyens sont devenues plus complexes », soulignent les dirigeants d’entreprise et anciens hauts fonctionnaires Bertrand Mabille et Michel de Rosen dans leur ouvrage Simplifier ! (Télémaque, 324 pages, 23 euros), paru le 21 mai. « A chaque fois, on allait voir ce que l’on allait voir [mais] le Moloch de la complexité administrative a continué de prospérer », abondent-ils.
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