L’affiche de campagne du maire sortant de Pussay pouvait-elle légalement être apposée sur la devanture de Chez Mamy Thérèse, une supérette de cette commune de l’Essonne ? Dans ce même département, la maire sortante de Ballainvilliers et ses colistiers avaient-ils le droit de poster sur les réseaux sociaux, le 13 mars – dernier jour officiel de la campagne électorale des municipales 2026 –, des tracts visant leur opposant ? Enfin, dans les Yvelines, aux Essarts-le-Roi, l’édile sortant et son équipe ont-ils abusé de leur pouvoir en valorisant leur bilan dans les bulletins municipaux diffusés dans les mois précédant les élections des 15 et 22 mars ?
Voilà les questions qui ont été examinées, le 12 mai, au tribunal administratif de Versailles lors d’une audience consacrée aux recours déposés par les candidats battus dans ces communes. Dans les trois affaires, le rapporteur public a estimé que les irrégularités soulevées ne justifiaient pas l’annulation du scrutin ni, donc, la convocation de nouvelles élections. Le tribunal n’est pas pour autant tenu de suivre l’avis de ce magistrat indépendant. Il doit rendre ses jugements le 26 mai.
Comme partout en métropole et en outre-mer, les tribunaux administratifs sont actuellement à pied d’œuvre pour examiner les recours dirigés contre les résultats des dernières élections municipales. Au total, le ministère de l’intérieur a recensé 1 474 contentieux. A ceux-ci s’ajoutent 1 385 déférés préfectoraux introduits par les préfets devant les tribunaux, des requêtes souvent de pure forme puisqu’elles visent notamment à demander la rectification d’erreurs dans la proclamation des résultats.
S’agissant du contentieux à proprement parler, les griefs invoqués par les candidats défaits sont variés. Ils concernent notamment le déroulement des opérations de vote : la composition des bureaux de vote, les méthodes de dépouillement ou de comptabilisation des bulletins. Les recours dénoncent aussi l’usage présumé, par les équipes sortantes, des moyens de la commune durant la campagne ou encore la méconnaissance des règles de propagande électorale.
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