L’exécutif peut se réjouir, les élections provinciales de Nouvelle-Calédonie vont se tenir le 28 juin avec un corps électoral modifié, ce qu’il souhaitait. Mercredi 20 mai, l’Assemblée nationale a adopté, dans les mêmes termes que le Sénat deux jours plus tôt, une loi organique permettant d’inscrire d’office 10 500 enfants d’électeurs, jusqu’ici exclus de ce scrutin territorial majeur. Ces « natifs » ont formé mercredi le plus petit dénominateur commun d’un dossier calédonien en capilotade depuis l’échec de l’accord de Bougival de juillet 2025.
Sur le plan de la méthode, la réforme, si près du vote, a été critiquée sur tous les bancs, de la gauche à l’extrême droite. Sur le fond, elle a donné lieu à de vifs débats, car le sujet touche au cœur du long processus de décolonisation dans lequel est engagé le territoire. Par une dérogation constitutionnelle aux grands principes républicains, justifiée par l’accord de Nouméa de 1998 entre indépendantistes et non-indépendantistes, le corps électoral calédonien a en effet été gelé, afin de préserver l’expression du peuple kanak.
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