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Lancée le 24 février 2022 après des semaines de communication va-t-en-guerre de la part de Vladimir Poutine, l’invasion russe de l’Ukraine programmée pour ne durer que quelques jours en est désormais à des centaines.
Comment suivre la situation ? Grâce à des cartes et des graphiques mis à jour régulièrement, vous pouvez observer les avancées et reculs de la Russie, le recours massif aux drones, le niveau fluctuant des aides internationales à l’Ukraine, ainsi que les estimations des pertes humaines sur le front.
La carte du front, semaine après semaine
Déplacez la glissière pour naviguer dans la chronologie après plusieurs mois de guerre ou utilisez les flèches du clavier.
La carte ci-dessus permet d’observer, semaine après semaine, l’évolution des territoires contrôlés par les belligérants en Ukraine depuis le 24 février 2022. Mise à jour de manière hebdomadaire, elle est basée sur les données cartographiques fournies par l’Institut pour l’étude de la guerre (Institute for the Study of War, ISW), une organisation non gouvernementale américaine. Ce travail de cartographie précise de la situation nous permet de calculer les superficies conquises ou perdues par l’armée russe – même si le résultat n’est pas au kilomètre carré près.
Ce graphique représente, de janvier 2022 à aujourd’hui, le pourcentage des 603 550 km² de territoire ukrainien occupé par la Russie et celui contrôlé par Kiev d’un mois à l’autre.
Depuis la fin de la guerre de mouvement, qui a caractérisé les dix premiers mois du conflit, l’opposition entre armées russe et ukrainienne est marquée par la faiblesse de leurs progrès territoriaux respectifs. Sur la durée, l’avantage va à Moscou mais au regard des forces déployées et des moyens mis à disposition, les défenseurs ukrainiens font mieux que résister.
Des gains territoriaux très faibles depuis 2023
Ce graphique représente le niveau de conquête territoriale mensuelle des forces en présence, en pourcentage de territoire ukrainien.
Un changement de paradigme avec l’usage massif des drones
Le conflit russo-ukrainien est le premier dans lequel le recours aux drones est aussi massif, qu’il s’agisse de drones de reconnaissance, de bombardement ou kamikazes (comme les drones Shahed-136 utilisés par la Russie depuis 2022). C’est devenu l’arme centrale de cette guerre, qui redéfinit la manière de défendre, d’attaquer, de surveiller, de viser l’adversaire y compris à très longue distance. De part et d’autre du front, les pertes humaines sont en très grande partie causées par les frappes de drone, 80 % des pertes russes selon l’armée ukrainienne.
Un recours décuplé aux drones
Ce graphique montre les événements* de lancements de drones, depuis le 24 février 2022, jour par jour, et leur moyenne hebdomadaire.
Aides à l’Ukraine : l’Europe désormais en première ligne
L’aide internationale à l’Ukraine, qu’elle soit d’ordre financier, militaire ou humanitaire est centrale pour que le pays puisse faire face à la guerre d’agression russe. Ce sont finalement les pays les plus proches géographiquement de l’Ukraine et de la Russie qui produisent l’effort le plus important.
Le flanc nord et est de l’Europe aux avant-postes
Ce graphique représente le niveau de l'aide effectivement allouée à l'Ukraine depuis février 2022 jusqu’en février 2026, pour les 30 premiers pays du classement, en pourcentage du PIB.
Le retour de Donald Trump à la Maison Blanche en janvier 2025 a marqué la fin de l’aide directe des Etats-Unis à l’Ukraine, elle a été remplacée par une initiative européenne dans laquelle les Européens achètent du matériel aux Etats-Unis pour le fournir ensuite à Kiev – ou prêtent de l’argent à l’Ukraine pour qu’elle le fasse.
De manière générale, l’Europe (géographique) a pris le relais de Washington, qui avait déjà fait défaut entre novembre 2023 et avril 2024 sous l’administration du démocrate Joe Biden, du fait d’un Congrès républicain hostile.
Les aides européennes ont supplanté les aides américaines
Ce graphique présente l’évolution cumulée de l’aide effectivement allouée par les Etats-Unis et l’Europe à l’Ukraine depuis février 2022, par mois.
Source : Kiel Institute for the World Economy
Le difficile décompte des morts sur le champ de bataille
L’autre facette de cette guerre est son lourd bilan humain, que l’on a pu comparer à la première guerre mondiale et à ses batailles de tranchées. Comme en 14-18, les déclarations des états-majors ou des politiques sur les pertes subies par leur propre camp ou infligées au camp adverse sont difficiles à vérifier et peuvent s’apparenter à de la propagande. Par exemple, en février, le cumul des pertes ukrainiennes selon l’état-major russe s’établissait à 1,6 million de militaires tués ou blessés de manière irrémédiable, un bilan de toute évidence exagéré puisque l’armée ukrainienne est estimée à environ un million de soldats.
Pour avoir une estimation fiable, il faut donc faire un pas de côté : analyser les listes publiques de militaires russes tués ou le registre des affaires d’héritage. C’est le choix de la BBC et de deux médias indépendants russes, Mediazona et Meduza. Certains gouvernements, services de renseignements ou think tanks ont également fourni des estimations. Nous avons choisi de compiler ces sources diverses pour dresser un tableau des pertes russes.
Les estimations des pertes humaines russes
Ce graphique présente différentes estimations ou divers calculs des pertes humaines au sein de l’armée russe depuis le début de son invasion en Ukraine, en février 2022.
Côté ukrainien, dans un contexte de recrutement difficile, la question des pertes n’est évoquée publiquement que par le président. En février 2026, Volodymyr Zelensky donnait le chiffre 55 000 morts ukrainiens et « des dizaines de milliers de disparus », pour les seuls militaires. Les sources occidentales sérieuses tablent au moins sur le double, tout comme le projet UA Losses, qui agrège des sources ouvertes – y compris certaines prorusses – et dont les résultats sont considérés comme fiables.
Les estimations des pertes humaines ukrainiennes
Ce graphique présente différentes estimations ou divers calculs des pertes humaines au sein de l’armée ukrainienne depuis le début de l’invasion russe en février 2022.