Culture

A Locarno, les Chiliens Cristobal Leon et Joaquin Cociña dévoilent leur folle planète cinéma

A Locarno, les Chiliens Cristobal Leon et Joaquin Cociña dévoilent leur folle planète cinéma

Entre moustiques tigres et thermomètre bloqué au-dessus de 30 degrés, on a vite fait de rejoindre les salles au Festival de Locarno (Suisse), où la 79ᵉ édition a lieu jusqu’au 15 août. Parmi les 17 longs métrages en lice pour le Léopard d’or, on a déjà découvert quelques belles surprises : Rehmat, de l’Indien Gurvinder Singh, pour la qualité de son rythme et de son récit dans la communauté sikh ; l’énigmatique Violence du corps de l’autre du Canadien Denis Côté, autour d’une entreprise clandestine d’assistance au suicide, avec Larissa Corriveau et Philippe Rebbot ; ou encore le subtil I Rarely Wake Up Dreaming de l’Allemande Isabelle Stever, où, au lendemain de l’invasion à grande échelle de l’Ukraine, en 2022, un homme transgenre est confronté au dilemme d’aller, ou pas, combattre l’ennemi russe.

Et puis est arrivé Princesa Burro, film de genre artisanal et follement inventif des Chiliens Cristobal Leon et Joaquin Cociña, qui rafraîchit le regard en faisant tourner les pendules de l’histoire du cinéma. On pourrait résumer l’histoire en partant de son personnage principal, la brune Diana (Antonia Giesen), qui traverse le temps, se réinvente dans des décors hybrides (mêlant prises de vue réelles, marionnettes et fenêtres en papier mâché), tout en cherchant à couper le lien œdipien avec son père (Francisco Melo). Quelques plans furtifs – une rose dans une forêt, qui veille au grain – font écho à Peau d’âne (1970) de Jacques Demy.

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