Clémence Girard dirige la section criminalité organisée non financière de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) du parquet de Paris depuis septembre 2025. Les nombreux postes qu’elle a occupés au cours de sa carrière lui ont permis de voir évoluer les organisations criminelles, fortes d’adaptation constante, leur imprégnation dans la société ainsi que les moyens de lutter contre elles.
Votre premier poste remonte à l’année 2015, au Havre (Seine-Maritime), où vous avez été substitut chargée de la lutte contre le trafic de stupéfiants. Comment la criminalité organisée a-t-elle évolué ces dix dernières années ?
J’ai vu l’augmentation des importations de stupéfiants, jusqu’à parler, en 2024, de « tsunami blanc ». La complexité croissante des affaires, due à l’adaptation continue des organisations criminelles, est aussi préoccupante. Elles déploient des modes opératoires toujours plus sophistiqués pour dissimuler leurs produits et s’insérer dans la vie légale, et s’appuient sur d’importants moyens financiers. Elles sont très mobiles et naviguent entre plusieurs criminalités au gré des opportunités – stupéfiants, braquages, meurtres, blanchiment. La force de la JIRS de Paris face à ces organisations multicartes est la synergie de ses trois sections – criminalité financière, cybercriminalité et criminalité organisée – à laquelle veille notre procureur adjoint Florent Boura.
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