La justice administrative a condamné l’Etat français à indemniser à hauteur de près de 540 000 euros la ville de Strasbourg, qui le poursuivait avec quatre autres grandes municipalités pour carence en matière d’hébergement d’urgence.
En mars et novembre 2025, l’Etat avait déjà été condamné pour « carence fautive » à indemniser les villes de Grenoble et Bordeaux. Quatre mairies écologistes (Grenoble, Lyon, Bordeaux et Strasbourg) et une socialiste (Rennes) avaient lancé une action en justice contre l’Etat en février 2024 afin de réclamer la « refonte » d’un système jugé « à bout de souffle ».
Selon une décision du tribunal administratif de Strasbourg, datée du 28 juillet et que l’Agence France-Presse a pu consulter samedi 8 août, confirmant une information de Rue89 Strasbourg, l’Etat est condamné à verser 242 284 euros à la commune ainsi que 294 669 euros au centre communal d’action sociale de la ville.
« Des familles entières à la rue »
Ces sommes correspondent aux frais d’hébergement dans un gymnase municipal de plusieurs personnes sans abri, à la suite, notamment, des évacuations successives d’un campement du centre de la ville, entre 2022 et 2023.
La ville de Strasbourg, qui soutenait que « la carence de l’Etat à exercer sa compétence » en matière d’hébergement d’urgence était « fautive », est « fondée à demander à l’Etat » un remboursement de la majorité des frais avancés, a estimé le tribunal dans son jugement.
« La décision est claire : l’Etat n’a pas respecté ses obligations légales en laissant des familles entières à la rue et en refusant de financer l’hébergement d’urgence à la hauteur des besoins », a réagi, dans un communiqué, l’ancienne maire écologiste de Strasbourg, Jeanne Barseghian, qui avait entrepris le recours pendant son mandat.
« Alors qu’aujourd’hui des enfants, des femmes, des hommes dorment à la rue par centaines », ce jugement doit « pousser la ville à les mettre à l’abri immédiatement, et à demander le remboursement de ces hébergements à l’Etat », a de son côté souligné son ancienne adjointe aux solidarités, Floriane Varieras.