C’était une évidence pour les pompiers du coin, mais leurs collègues venus du reste de la France n’ont pas mis longtemps à comprendre la logique de l’incendie qui ravage l’ouest de la Gironde depuis le 22 juillet : il s’est certes stabilisé dans la nuit du dimanche 26 au lundi 27 juillet, mais le laisser reprendre quelque part, même sur les 42 000 hectares déjà brûlés, reviendrait à rallumer la mèche qui menace de faire sauter la poudrière de pins marins.
Et cette mèche est reliée à une autre poudrière de l’Ouest bordelais : les immenses sites du secteur de la défense. Centre de développement des missiles nucléaires d’ArianeGroup, site d’essai du Rafale de Dassault, zone de tests de la direction générale de l’armement (DGA)… cette zone, située sur la course de l’incendie dès les premiers jours, a été très vite identifiée par les autorités. « Pendant la nuit, nous avons engagé des travaux de terrassement et de génie autour d’un certain nombre de sites sensibles pour créer des pare-feu », expliquait la préfète de Gironde, Sophie Brocas, samedi après-midi.
Mais c’est le camp militaire de Souge, situé sur la commune de Martignas-sur-Jalle, qui a suscité la plus vive préoccupation. L’enceinte, qui abrite 2 800 hectares d’espace naturel et les hommes du 13e régiment de dragons parachutistes, est la plus à l’ouest, et donc en première ligne face à l’incendie. Elle jouxte un site de l’avionneur Dassault, qui comprend notamment un bâtiment consacré à la fabrication de mécanismes pyrotechniques. Dès la fin du week-end, le dispositif de protection du site a été bouclé, à grand renfort de réquisitions d’entrepreneurs venus avec leur matériel : bulldozers, tracteurs forestiers, grues, etc.
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