Culture

L’artiste Camille Henrot s’interroge, dans une vidéo touchante, sur la manière d’élever son enfant en temps de crise écologique

L’artiste Camille Henrot s’interroge, dans une vidéo touchante, sur la manière d’élever son enfant en temps de crise écologique

La voix balbutiante d’un enfant bute sur les mots, elle bute sur le monde. Ce bambin blond sera notre petit guide, désorienté, tout au long du dernier film de Camille Henrot que projette LUMA Arles (lieu consacré à l’art contemporain), jusqu’au 10 janvier 2027. Intitulé In the Veins, ce moyen-métrage de moins d’une demi-heure touche au cœur, en évoquant cette angoisse si partagée, comment élever des enfants, à l’ère de la crise climatique et de l’extinction de masse ? Vers quel avenir les porter quand le désastre est permanent ?

« Ce film, qui m’a pris cinq ans, parle du chagrin d’élever des enfants dans un tel contexte, mais aussi de tendresse, précise l’artiste française, mère des deux garçons que l’on voit grandir au fil du film. La première chose à faire, disent les psychologues spécialisés dans ce deuil écologique, est de l’accueillir ; mais il n’existe pas d’objet culturel pour soutenir ce deuil, qui aurait besoin de narrations, de symboles. » Son film remplit superbement cette mission.

Parabole de la « solastalgie », comme on appelle cette mélancolie provoquée par la catastrophe climatique, il se veut à la fois intime et planétaire, militant et désenchanté. Point d’acmé d’une œuvre inégale, il porte à l’incandescence tous les talents de l’artiste, couronnée par un Lion d’argent à la biennale de Venise en 2013 pour son film Grosse fatigue, qui explorait déjà notre rapport au vivant.

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