Une enquête a été ouverte sur des soupçons d’ingérence russe visant le probable candidat social-démocrate à la présidentielle Raphaël Glucksmann, après la diffusion d’un faux reportage cherchant à le discréditer, a annoncé, jeudi 6 août, le parquet de Paris, sollicité par l’Agence France-Presse (AFP).
Cette enquête doit permettre de vérifier si M. Glucksmann, critique virulent de Vladimir Poutine, a bien été la cible d’une opération de déstabilisation menée par le groupe prorusse Storm-1516, directement piloté par le GRU, les services secrets de l’armée russe.
Confiée à la brigade de lutte contre la cybercriminalité, elle est ouverte notamment pour de possibles délits liés à la fabrication d’images truquées « dans le but de servir les intérêts d’une puissance étrangère » ou d’une entité « sous contrôle étranger », a précisé le parquet.
A huit mois de la présidentielle, Raphaël Glucksmann avait dénoncé mardi une opération de « déstabilisation » après la diffusion de cette vidéo « entièrement truquée » impliquant sa compagne, la journaliste Léa Salamé, et le journaliste Edwy Plenel. L’eurodéputé social-démocrate avait appris du Secrétariat général de la défense et de la sécurité nationale (SGDSN) qu’il avait été « la cible d’une attaque du groupe Storm-1516, directement piloté par le GRU ».
Edouard Philippe et Gabriel Attal également visés
Le faux reportage « usurpant l’identité du média français Blast » affirmait que la compagne de Raphaël Glucksmann « aurait tenté de “soudoyer” plusieurs médias en échange d’une couverture favorable à sa campagne comme futur candidat à l’élection présidentielle de 2027 », a rappelé le parquet.
Cette opération de désinformation avait été détectée en fin de semaine dernière et a bien été menée par Storm-1516, a confirmé mardi à l’AFP une source sécuritaire.
« La section de protection des libertés fondamentales du parquet de Paris a ouvert d’initiative une enquête à la suite de l’évocation par la presse » de ces soupçons, a précisé le parquet de Paris à l’AFP.
Une série d’opérations de déstabilisation, attribuées à des réseaux prorusses, ont ciblé en quelques jours trois candidats déclarés ou pressentis à la présidentielle.
Outre Raphaël Glucksmann (Place publique), Edouard Philippe (Horizons) a été calomnié sur son état de santé, et Gabriel Attal (Renaissance) a été présenté comme potentiellement atteint de la maladie de Parkinson.