L’ex-star du rap Moha La Squale, de son vrai nom Mohamed Bellahmed, a été condamné, vendredi 7 août, à deux ans d’emprisonnement dont un avec sursis probatoire pour avoir frappé deux femmes lors d’une soirée à son domicile parisien en mai. Le procureur avait réclamé deux ans et demi dont douze mois avec sursis probatoire. Le rappeur de 31 ans, qui multiplie les condamnations, avait été condamné en 2024 à quatre ans dont un avec sursis, notamment pour violences sur conjoint.
Dans la nuit du 26 au 27 mai, la police avait été appelée dans le 18e arrondissement parisien « par des voisins entendant des bruits de coups et une femme appelant à l’aide », selon le parquet. Personne n’ouvrant, les policiers « ont dû forcer l’entrée ». Dans l’appartement, « ils ont découvert une femme présentant de multiples traces de coups, tandis que le suspect avait pris la fuite par la fenêtre ». Interpellé dans la rue, « celui-ci s’est avéré être Mohamed Bellahmed ». Le rappeur a alors « été placé en garde à vue, alcoolisé ».
La principale victime a assuré « connaître le mis en cause depuis quelques jours, et avoir passé la soirée chez lui avec une autre femme, qui avait consommé de la cocaïne avant de quitter les lieux ». Moha La Squale « ne retrouvant plus sa Rolex, il s’en était très violemment pris à elle : des photographies de ses blessures montrent son visage tuméfié », a décrit le parquet. La deuxième femme présente au début de la soirée, « identifiée, a ajouté avoir été giflée elle aussi ».
Triangle amoureux
Lors de l’audience devant le tribunal correctionnel de Paris, le mis en cause a longuement détaillé cette soirée autour de ce triangle amoureux formé avec Myriam, rencontrée « deux jours plus tôt », et Claire, avec qui il était déjà en couple depuis « deux, trois semaines ». Jalousie, réconciliation, alcool, cocaïne et Rolex égarée ont achevé de faire dégénérer cette soirée.
« J’ai porté zéro coup », a contesté le rappeur, malgré les nombreux hématomes recensés sur le corps et le visage de Myriam. « A priori, elle s’est tapée [elle-même] quand elle était chez moi », poursuit celui qui a été placé en détention provisoire depuis les faits. Entre-temps, la jeune femme a elle-même assuré qu’elle s’était « tapé la tête contre les murs » et disant « regretter » ses accusations initiales.
Pour l’un des avocats de la défense, Me Louis-Joseph Ricard, « le cadre criant de “malsanité”, saupoudré de drogue » rend cette dernière version « crédible ». Lui et sa consœur, Me Clémentine Berthier, avaient réclamé la relaxe.
« Grave connu chez les jeunes »
Claire, la seule des deux femmes à s’être constituée partie civile, avait pour sa part assuré avoir reçu au moins une gifle. « Peut-être une petite pichenette, maximum », a contesté Moha La Squale dans son box, habillé d’un survêtement blanc. « Une simple “tarte”, ou une “petite tarte”, c’est déjà trop », lui a répondu l’avocate de la jeune femme, Me Eloïse Pili. Sa cliente, absente, ne réclamait aucun dommage et intérêt.
Lors de cette audience nocturne, commencée vendredi à 22 h 30 et achevée trois heures plus tard, celui qui avait été couronné d’un disque d’or en 2018 pour son premier album Bendero a rappelé qu’il était « grave connu chez les jeunes », « n’ayant pas la même vie que tout le monde ».
Condamné en juillet 2024 à quatre ans d’emprisonnement, dont un an avec sursis probatoire pendant deux ans, pour « des faits de violences par conjoint ou concubin, séquestration et menace de mort sur conjoint ou concubin », il avait été finalement libéré le 25 août 2025, ayant déjà effectué une partie de sa peine en détention provisoire avant son procès.