Économie

L’intérim, l’agriculture et les transports en première ligne face aux accidents du travail

L’intérim, l’agriculture et les transports en première ligne face aux accidents du travail

Chaque jour, en France, 1 800 accidents du travail sont recensés. Soit près de 670 000 sur l’ensemble de l’année 2023, d’après les données publiées mercredi 22 juillet par la direction des statistiques du ministère du Travail (Dares). Un chiffre impressionnant, mais qui a tendance à baisser : la même étude comptait quasiment 100 000 cas supplémentaires en 2017.

Les intérimaires sont les premières victimes, avec 31 accidents par million d’heures rémunérées, soit le double de la moyenne nationale. « Ils sont généralement plus jeunes, employés dans des secteurs plus exposés aux risques et avec un turnover important », explique Clément Roll, analyste de données à la Dares.

Accidents graves

Dans le domaine agricole, les accidents graves se produisent trois fois plus souvent, particulièrement dans l’élevage équestre, la culture de fruits et la foresterie. Dans le transport-entreposage ou encore l’hébergement médico-social (maison de retraite, soin aux personnes handicapées…), ils représentaient en 2023 jusqu’à 20 000 « équivalents temps plein non travaillés » (soit le volume d’heures de travail perdu à cause de ces accidents).

Les régions agricoles, touristiques et industrielles sont les plus exposées, avec, en haut du classement, les départements des Landes, des Pyrénées-Orientales ou encore du Pas-de-Calais. « Deux zones orientées vers l’industrie peuvent avoir des fréquences d’accidents différentes, selon que ce soit la pharmacie ou l’agroalimentaire qui domine », nuance Clément Roll. Paris et les Hauts-de-Seine se placent en bas de la liste.

L’étude dessine plus précisément le profil des salariés sujets aux accidents du travail. La fréquence est plus élevée chez les jeunes hommes. Au-delà de 60 ans, ce sont les femmes qui en font le plus souvent l’objet. Les victimes travaillent majoritairement dans des structures de moins de 250 employés (80 % des cas). « Ces salariés ont le même niveau d’exposition aux risques, mais ils bénéficient de moins de politiques de prévention », estime Clément Roll.

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