Actualités principales

Menaces du FLNC contre les non-Corses : le Parquet national antiterroriste annonce l’ouverture d’une enquête

Menaces du FLNC contre les non-Corses : le Parquet national antiterroriste annonce l’ouverture d’une enquête

Une enquête préliminaire, pour, en particulier, « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme », a été ouverte par le Parquet national antiterroriste (PNAT) à la suite de la conférence de presse clandestine du groupuscule indépendantiste Front de libération nationale corse-Union des combattants (FLNC-UC), a annoncé, jeudi 6 août, le PNAT, sollicité par l’Agence France-Presse. Les investigations portent aussi sur « l’acquisition, détention et transport d’armes, de munitions ou d’éléments d’armes de la catégorie A et B en relation avec une entreprise terroriste », selon la même source.

Mercredi, lors d’une conférence de presse clandestine révélée par Corse-Matin, qui a été le seul média à y participer, une quinzaine d’individus cagoulés et armés, dans un lieu tenu secret et à une date non spécifiée, ont vivement rejeté l’autonomie actuellement en discussion pour l’île et menacé les non-Corses venant y vivre.

Ils ont ainsi attaqué « la colonisation de peuplement galopante » représentée, selon eux, par « l’arrivée massive de près de 5 000 étrangers, dont une grande majorité de Français » sur l’île chaque année, que ce soit pour y travailler ou du fait de l’augmentation « démentielle » des résidences secondaires. « Collaborer à la validation de textes constitutionnels réaffirmant (…) les principes qui favorisent et vont permettre d’amplifier cette colonisation de peuplement est une grave faute politique », ont-ils commenté.

Et d’ajouter : « En attendant que nos droits nationaux soient reconnus et respectés, nous n’avons qu’un message à leur adresser : “Restez chez vous” », « Et dans le cas contraire, ne vous considérez pas en sécurité sur notre territoire national. »

Tous les soutiens de l’autonomie corse pris pour cible

Lors de cette conférence de presse, les membres du FLNC ont aussi estimé que le projet de loi constitutionnelle, qui doit être examiné au Sénat à partir du 21 octobre, « aboutit à la négation de l’existence de [leur] peuple et au reniement des principales revendications de ces dernières décennies ». Ils ont annoncé être « déjà dans l’après-Beauvau ».

Le groupuscule s’en est pris à tous les soutiens de ce processus : aux partis nationalistes (Femu a Corsica, Core in Fronte, Parti de la nation corse) en assurant que ceux « qui s’expriment au nom du mouvement national, tout en soutenant ledit processus Beauvau, commettent une duperie sans précédent à l’égard de [leur] peuple ». Mais aussi aux « manipulateurs haut placés », à la « caste de groupes financiers corses » et aux collectifs antimafia, sans les nommer mais en assurant ne jamais pouvoir « être aux côtés de ceux qui soutiennent les logiques » de « justices d’exception », défendues par les collectifs.

Sans préciser comment, ils ont appelé le mouvement national, « celui de la résistance », à trouver « les voies et les moyens de créer un nouveau rapport de force politique ».

Le FLNC, apparu pour la première fois en 1976, avec une profession de foi retrouvée dans les décombres de 18 attentats lors d’une première « nuit bleue », est depuis devenu une nébuleuse opaque, résultat de scissions, luttes fratricides et recompositions. La dernière « nuit bleue » que le mouvement a revendiquée remonte à octobre 2023 lorsque 45 explosions avaient visé principalement des résidences secondaires mais aussi un centre des impôts désaffecté à Ajaccio, sans faire de blessés.

Vous avez peut-être manqué