Régis Desrumaux, exploitant agricole et président de la Fédération départementale des syndicats d’exploitants agricoles (FDSEA) de l’Oise a présenté, vendredi 31 juillet, ses excuses à la patronne des Ecologistes, Marine Tondelier, sur Facebook, qui les avait exigées après une publication dans laquelle il l’insultait au sujet du vote de la loi d’urgence agricole.
« Les mots que j’ai employés à l’encontre de Marine Tondelier étaient inappropriés. Je les regrette sincèrement et je lui présente mes excuses », a écrit Régis Desrumaux, dans une longue publication sur le réseau social.
Sur sa page Facebook privée, il avait a republié un message de Marine Tondelier dénonçant « les agro-industriels de la FNSEA [qui] fêtent au champagne le vote de la loi d’urgence agricole », un texte qui a réintroduit à titre dérogatoire deux pesticides interdits en France. « Je n’ai qu’un seul mot qui me vient immédiatement en tête… Grosse salope. Ah mince ça fait deux », avait- il alors commenté, décrivait Le Courrier Picard.
Décrit comme une « figure charismatique du monde agricole, élu et réélu depuis 2020 à la tête de la FDSEA » par Le Courrier picard, il n’avait pas réagi depuis.
« Force à toutes les “grosses salopes” et à toutes les “sales connes” »
« J’attends des excuses publiques », avait ensuite exigé sur le réseau social X Marine Tondelier, menaçant le responsable syndical de « poursuites judiciaires ».
Marine Tondelier avait rappelé, dans sa réaction, la définition de cette insulte, dénonçant le fait que celle-ci soit employée pour « dégrader sexuellement et moralement » les propos des femmes dans l’espace public : « Quoi qu’il en soit, cette manière de s’exprimer en dit beaucoup plus sur l’auteur de ces propos que sur moi. Alors force à toutes les “grosses salopes” et à toutes les “sales connes”. On est ensemble. Et on ne se taira pas. »
Dans sa réponse, Régis Desrumaux a estimé que le message initial de Marine Tondelier avait constitué « la goutte d’eau qui a[vait] fait débord[er] le vase », regrettant sa « maladresse » mais réitérant son « écœurement » et son « dégout face à ce mépris et ces propos haineux vis-à-vis d’une loi qui a été demandée par les agriculteurs ».
La candidate a reçu le soutien de nombreux responsables de gauche, parmi lesquels Manuel Bompard, coordinateur national de La France insoumise (LFI), Olivier Faure, premier secrétaire du PS, et la députée écologiste Sandrine Rousseau, qui a dénoncé, sur le réseau social BlueSky, « le masculinisme agricole » et « sa violence ».
Après son adoption, les députés LFI et écologistes ont porté la loi d’urgence agricole devant le Conseil constitutionnel, l’appelant à censurer de nombreuses dispositions, notamment celles qui prévoient de réintroduire à titre dérogatoire deux pesticides interdits en France.