Un suspect a été mis en examen, lundi 1er juin, près de vingt ans après le braquage d’un fourgon blindé à Metz en 2007, qui avait tué un convoyeur de fonds de 47 ans et blessé gravement deux autres, a annoncé le parquet de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Nancy, chargée du dossier.
L’enquête a pu être relancée « à la faveur de recoupements avec d’autres procédures judiciaires », qui ont permis d’accéder à « de nouveaux éléments » et d’aboutir à la mise en examen d’un suspect, un homme de 52 ans, « originaire du nord de la France », a précisé le parquet dans un communiqué.
L’homme se trouvait déjà en détention provisoire « dans le cadre d’une procédure distincte portant sur des faits de même nature », selon le parquet. Placé en garde à vue la semaine du 25 au 31 mai, le suspect a contesté toute implication dans les faits. Un juge d’instruction a ensuite procédé, lundi, à sa mise en examen des chefs de « meurtre en bande organisée, tentative de meurtres en bande organisée, tentative de vol en bande organisée avec arme, vol en bande organisée et participation à une association de malfaiteurs en vue de la commission d’un crime ». Il a été replacé en détention provisoire.
Les faits s’étaient produits le 15 janvier 2007, dans un quartier du nord de Metz. Un fourgon blindé de la société Securitas, qui faisait une tournée de collecte, avait été bloqué à l’avant et à l’arrière au niveau d’un ralentisseur, par deux voitures volées. « Quatre ou cinq » personnes cagoulées étaient alors descendues de plusieurs véhicules et avaient ouvert le feu « à l’aide de fusils d’assaut de type kalachnikov », rappelle le communiqué.
L’enquête se poursuit pour identifier des coauteurs
Les trois convoyeurs présents à bord se sont réfugiés dans le sas de leur fourgon blindé mais « l’un des assaillants [avait] dépos[é] une charge explosive sur la porte latérale du fourgon », qui a entraîné la mort de Joël Arbogast, 47 ans, père de deux filles et domicilié à Amnéville (Moselle). Ses deux collègues avaient été grièvement blessés.
L’explosion n’a toutefois pas permis aux malfaiteurs d’accéder à l’intérieur du camion. Ils ont pris la fuite sans rien avoir pu voler, après avoir incendié les deux véhicules ayant servi à l’infraction. La voiture – une Audi de « très grosse cylindrée » – qui leur avait permis de fuir avait été retrouvée incendiée en Belgique.
L’enquête, confiée à l’antenne de la police judiciaire de Metz (devenue division de la criminalité organisée et spécialisée) et à l’office central de lutte contre le crime organisé, avait été menée sous l’autorité d’un juge d’instruction de la JIRS de Nancy.
« L’information judiciaire se poursuit » en particulier pour identifier des coauteurs ou complices, précise la JIRS. Les enquêteurs appellent « toute personne susceptible de détenir des informations utiles à la manifestation de la vérité » à se faire connaître auprès des services avec l’adresse e-mail suivante : [email protected].
L’an 2007 avait été une année noire pour les convoyeurs de fonds. En août, deux convoyeurs de la société Temis avaient été attaqués à Ivry-sur-Seine. Et le 29 novembre, un convoyeur de la Brink’s avait été tué dans l’attaque d’un fourgon à Paris.