L’issue du scrutin est conforme aux pronostics. Mercredi 20 mai, Claire Thoury a été élue présidente du Conseil économique, social et environnemental (CESE) en recueillant 97 voix contre 74 pour sa seule et unique adversaire, Dominique Carlac’h, ex-porte-parole du Medef. Pour la première fois, une femme est propulsée à la tête de la troisième Assemblée de la République qui représente la société civile – syndicats, mouvements patronaux, réseaux consulaires, associations, organisations non gouvernementales (ONG). Elle succède à Thierry Beaudet pour un mandat de cinq ans, avec la volonté affichée de renforcer le rôle d’une institution dont l’utilité est mise en doute par le Rassemblement national (RN), ainsi que par des personnalités de droite et de la Macronie.
Très nettement en sa faveur sans tourner au triomphe, le score de Mme Thoury obéit à une forme de logique. La gagnante, qui aura 37 ans le 27 mai, est partie en campagne dès la fin novembre 2025 et a élaboré son projet lors de réunions ouvertes à l’ensemble des conseillers du CESE. Souvent dépeinte comme une proche de Laurent Berger, l’ancien secrétaire général de la CFDT, elle bénéficiait du soutien de la quasi-totalité des syndicats, qui occupent, à eux seuls, presque 30 % des strapontins du palais d’Iéna à Paris, le siège de la troisième Chambre. Présidente, jusqu’à maintenant, du Mouvement associatif, qui revendique quelque 700 000 membres, elle a également obtenu l’appui de nombreuses ONG présentes dans l’hémicycle et même de deux organisations d’employeurs (professions libérales, économie sociale et solidaire).
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