Quand elle a appris que le Bricorama du 126, boulevard Ney, dans le 18e arrondissement de Paris, mettait la clé sous la porte, Joëlle Loncol a sauté sur l’occasion. C’était en 2021. Cette réalisatrice de documentaires avait, depuis des années, le projet d’ouvrir un cinéma dans le quartier. A l’époque, elle pensait l’installer sous un chapiteau. Mais, avec ce lieu de près de 1 500 mètres carrés, situé au pied d’un de ces grands ensembles de logements sociaux des années 1920 qui ceinturent la capitale, elle allait pouvoir faire beaucoup plus. « Je me suis dit : si on rêvait un peu ? »
Les besoins de ce quartier sont énormes : « On est à deux pas de la Fémis [l’école nationale supérieure des métiers de l’image et du son], mais les jeunes qui vivent ici, qui ont souvent décroché des études, qui sont, pour nombre d’entre eux, au chômage, savent très bien qu’ils n’y ont pas leur place. Ils rêvent de cinéma, mais ils ne peuvent pas s’y projeter. Il n’y a pas un seul cinéma dans le quartier. Dans les années 1970, il y en avait autant que dans le Quartier latin ! Il y a un besoin en formation. La question de la nourriture est très importante aussi. Je voulais pouvoir proposer une alternative à la malbouffe qui domine partout ici. »
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