Cultura

Dans « Macho Dancer », inédit en France, Lino Brocka filme l’économie du désir dans les clubs gay de Manille

Dans « Macho Dancer », inédit en France, Lino Brocka filme l’économie du désir dans les clubs gay de Manille

L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER

L’AVIS DU « MONDE » – À NE PAS MANQUER

Pièce après pièce, tel un puzzle foisonnant, l’œuvre de Lino Brocka (1939-1991) se reconstitue sous nos yeux, grâce aux campagnes de restauration. Il fut, pour les Philippines, l’équivalent d’un Rainer Werner Fassbinder (1945-1982) en Allemagne. Soit, après des débuts au théâtre, un filmeur acharné, qui tourna intensément, deux à quatre films par an, avec Manille comme studio à ciel ouvert.

Il a infiltré les genres populaires pour y faire résonner un propos politique, entretenant ainsi avec le public philippin un dialogue fécond. Après Manille (1975), Insiang (1976) et Bona (1980), l’on peut désormais découvrir en salle le stupéfiant Macho Dancer (1988), inédit en France, une plongée dans les quartiers chauds de la métropole et une date dans l’approche des pratiques queers à l’écran.

On y suit Pol (Allan Paule), un jeune paysan monté à Manille pour y trouver du travail et envoyer de l’argent au village. Sur place, il trouve à partager la chambre de Noel (Daniel Fernando), un call-boy qui se produit le soir dans les clubs gay de la capitale. Auprès de lui, Pol apprend les bases du « macho dancing », soit l’art de se trémousser sur scène dans le but d’obtenir des passes privées. Il intègre la troupe et, plus largement, un petit milieu baignant dans les trafics illicites et tenu en laisse par des policiers corrompus.

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