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Malbouffe dans les quartiers populaires : derrière la polémique autour de Master Poulet, la délicate question des « marécages alimentaires »

Malbouffe dans les quartiers populaires : derrière la polémique autour de Master Poulet, la délicate question des « marécages alimentaires »

D’un côté, Le Bouillon du Coq du chef étoilé Thierry Marx et son cœur de rumsteck sauce au poivre à 18,90 euros. De l’autre, le Burger King et son menu Big King à 9,90 euros. Sur le trottoir d’en face, la brasserie méditerranéenne Meïda, son chef Mohamed Cheikh, gagnant de la saison 12 de l’émission « Top Chef », son cabillaud rôti à 22,50 euros, ses clients bien mis, salariés en costume-cravate et jupe-escarpins. A quelques mètres, Master Poulet, son comptoir à emporter, son demi-poulet à 4 euros, ses jeunes clients en survêtement et la polémique que l’installation de cette enseigne de restauration rapide a suscitée.

A Saint-Ouen, en Seine-Saint-Denis, dans ce petit mouchoir de poche macadamisé autour de l’hôtel de ville, deux mondes partagent un même code postal, se croisent, mais ne s’assoient pas à la même table. Ou rarement. « C’est bon, c’est pas cher, c’est rapide, je ne comprends pas où est le problème, souffle Djibril, 20 ans, Audonien depuis sa naissance, plombier à Paris, qui vient de s’acheter du poulet et des bananes plantains pour 7 euros. Je n’ai que trente minutes pour déjeuner, j’ai des protéines et des fruits, pourquoi tant d’histoires ? » Et le bouillon d’en face ? « C’est un restaurant, là ? Je ne savais pas… Non, ça ne m’intéresse pas ces endroits, ce n’est pas pour nous », estime-t-il.

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