Économie

Emmanuel Roman, patron du géant de la finance Pimco : « Les marchés envoient un signal sérieux à la France » sur sa dette, « l’heure est grave »

Emmanuel Roman, patron du géant de la finance Pimco : « Les marchés envoient un signal sérieux à la France » sur sa dette, « l’heure est grave »

Emmanuel « Manny » Roman est directeur général de Pimco, l’un des plus grands gestionnaires d’actifs au monde, avec 2 300 milliards de dollars (2 050 milliards d’euros) d’encours. La société est spécialisée dans les marchés obligataires et investit donc dans les dettes, dont celle de la France.

Né en 1963, le Français, installé en Californie, où se trouve le siège de Pimco, redoute que les taux d’intérêt continuent d’augmenter. Il s’exaspère par ailleurs du débat politique français, rejetant la proposition du candidat de La France insoumise à l’élection présidentielle de 2027, Jean-Luc Mélenchon, d’annuler une partie de l’endettement du pays, mais ne croyant pas non plus aux promesses d’économies budgétaires de la prétendante à l’Elysée du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen.

Les taux d’intérêt français à dix ans ont frôlé les 5 %. La France a-t-elle encore la confiance des marchés financiers ?

J’aimerais remettre cela dans un contexte global. Nous avons une remontée des taux à travers le monde qui est due aux pressions inflationnistes sur le secteur pétrolier, et à la pression des « hyperscalers » [les entreprises de l’intelligence artificielle, IA], qui empruntent pour financer des data centers, des puces… Nous voyons cette hausse partout, aux Etats-Unis, au Japon… Cela dit, en Europe, la France est nettement plus touchée que l’Allemagne ou encore l’Italie, pour des raisons budgétaires et politiques. Les marchés lui envoient un signal sérieux. L’heure est grave.

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