Cela fait plus d’un an que l’on a découvert l’adaptation du Richard III de Shakespeare par la compagnie rennaise La Poupée qui brûle, lors d’une représentation au Festival mondial des théâtres de marionnettes à Charleville-Mézières en septembre 2025, quelques mois après sa création à La Maison du Théâtre à Brest (Finistère). Pourtant certains tableaux de ce spectacle – qui repart en tournée à partir du mardi 13 octobre – sont restés gravés dans notre mémoire pour leur beauté visuelle et leur dimension poétique. Une habile combinaison entre jeux de lumières, ambiances sonores et chorégraphies orchestrées au cordeau fait baigner l’ensemble du spectacle dans une atmosphère à la fois sombre et fascinante, parfaitement en accord avec le règne de Richard III, bref – de 1483 à 1485 – mais tragique et placé sous le signe de la mort (il fit incarcérer et assassiner son frère et ses neveux pour monter sur le trône d’Angleterre).
On garde notamment à l’esprit l’une des premières scènes de la représentation où un épais rideau de velours s’ouvre en deux pour dévoiler la vingtaine de marionnettes à taille humaine qui vont être manipulées à vue par trois danseurs et marionnettistes, tout de noir vêtus et portant des masques (Yann Hervé, Améthyste Poinsot, Lucile Ségala). Leurs énormes visages de cire aux yeux vides et leurs immenses costumes d’apparat leur donnent une allure quasi fantomatique. Face à cette galerie de personnages inanimés, un seul comédien en chair et en os, Antonin Lebrun, incarne le rôle-titre de Richard de Gloucester.
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