Culture

Sur Prime Video, une (ré)adaptation tout en nuances de « Carrie » signée Mike Flanagan

Sur Prime Video, une (ré)adaptation tout en nuances de « Carrie » signée Mike Flanagan

PRIME VIDEO – A LA DEMANDE – SÉRIE

PRIME VIDEO – A LA DEMANDE – SÉRIE

Un peu à l’instar de Bret Easton Ellis et Ryan Murphy sur The Shards, l’alliance entre le showrunner Mike Flanagan et le romancier Stephen King (crédité comme producteur délégué) pour faire renaître à l’écran l’adolescente immortalisée sur pellicule par Brian De Palma et son actrice, Sissy Spacek (Carrie au bal du diable, 1976), laisse entrevoir la possibilité d’un mélange fécond – ce qui, en ces temps de recours massif aux franchises, n’est pas rien.

Connu pour son exploration, à l’occasion brillante, de l’horreur comme l’expression des traumas (The Haunting of… et ses dérivés, sur Netflix), Mike Flanagan s’était déjà plusieurs fois frotté à l’œuvre de King. Notamment dans un film poignant sur la finitude de la condition humaine, Life of Chuck (2024) qui témoignait déjà de ses capacités à transcrire l’imaginaire de l’auteur tout en en livrant une interprétation assez personnelle et sentimentale, bien que sans doute moins propice aux frissons.

Le calvaire subi par Carrie White (Summer H. Howell), adolescente élevée dans la terreur et l’ignorance par une mère fondamentaliste – le père, complotiste, vient de mourir dans un accident de chantier –, est ici étiré (voire dilué) sur huit épisodes, avec la volonté d’en déconstruire les rouages et d’en comprendre les motivations intimes. Elle découvre aussi ses pouvoirs, réveillés par la puberté. Transposé de nos jours et destiné à un public de plateforme, comprendre plus jeune et plus attaché à l’inclusivité, le martyre de Carrie est aussi revu à l’aune de tous les tropes féministes du moment (sorcellerie, emprise, gaslighting…) et sous un angle essentiellement victimaire.

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